Bref historique du fonds Stendhal
Continuellement enrichi depuis un siècle, ce fonds est constitué pour l'essentiel par le Don Crozet : dépôt fait en 1861 par la veuve de cet ami de Stendhal de tous les papiers recueillis à sa mort par son exécuteur testamentaire, Romain Colomb, qui en avait effectué en 1844 et 1845 un inventaire et une esquisse de description. Hormis les investigations nombreuses mais partielles, limitées à la recherche de fragments posthumes ou à la révision d'éditions antérieures, aucune exploitation ni valorisation systématique n'en fut jamais faite. Encore celles-ci n'avaient-elles commencé que dans les années 1880 avec le catalogue des manuscrits évoqué plus haut et la publication systématique de tous les textes posthumes. Or si ces "éditeurs" successifs ne cessèrent plus depuis lors d'en exploiter les ressources, ils ne semblent pas s'être souciés outre mesure de son classement et des raisons d'être de celui-ci.
A côté des quelques grands manuscrits dont certains (Leuwen, Vie de Henry Brulard...) furent reliés, luxueusement même, du vivant de l'auteur, il est constitué pour l'essentiel de "papiers divers" (liasses, cahiers, dossiers, ébauches, correspondances). Une fois sommairement inventoriée, cette masse fut reliée pour l'essentiel dès 1884. Plus de cinq mille feuillets furent alors arbitrairement répartis dans les vingt-huit volumes d'un Recueil factice, créés sur le seul critère du format, sans souci des contenus ni de la chronologie, sans tenir le moindre compte des indications laissées par Colomb en 1844 et surtout 1845. Il n'existe donc depuis lors, à côté des "grands manuscrits" qui, quoique publiés sans cesse et republiés, ne firent eux non plus l'objet d'aucune étude sérieuse, qu'un immense corpus informe qui ne fut durant des décennies qu'une réserve où chasser l'inédit oublié ou la "variante" inespérée autorisant à présenter une nouvelle édition revue et corrigée d'après le manuscrit.
